Gaëllinacée - Aventures d'une jeune contractuelle de l'Éducation Nationale

L’inclusion d’un élève en situation de handicap

Avec l’introduction en 2019 des Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisé, beaucoup s’inquiètent de voir l’accompagnement des élèves en situation de handicap se dégrader, et tu vas vite constater que ce n’est déjà pas brillant.
Je m’excuse d’avance pour les approximations dans cet article, je ne suis vraiment pas une experte du sujet.

Définitions

Commençons par nous mettre d’accords sur les termes : Déjà, on ne parle normalement plus de « handicap » mais de « situation de handicap ».

Qu’est-ce que ça change ?

Et bien on déplace la « faute » de la personne, perçue comme déficiente, à l’environnement qui lui est inadapté, ce qui peut sembler minime comme changement, mais la deuxième formulation est beaucoup moins stigmatisante.

Mais qu’est-ce que c’est alors, une situation de handicap ?

D’après la loi de 2005 : « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. » On y retrouve tous les handicaps auxquels on pense « naturellement » : les handicaps moteurs ou sensoriels par exemple, mais il y a aussi des troubles cognitifs qui sont concernés : dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie… ou encore des troubles du spectre autistiques. Enfin, tu l’as compris, les situations de handicap sont nombreuses et variées, et c’est justement cette variété qui rend l’accompagnement si complexe : chaque élève a besoin d’adaptations qui lui sont souvent propres.

Qui détermine quels élèves sont en situation de handicap et ont droit à une aide?

C’est la M.D.P.H. : la Maison Départementale des Personnes Handicapées. Elle est « un lieu unique de service public visant à accueillir,informer, orienter et accompagner les personnes handicapées. Les MDPH associent toutes les compétences impliquées aujourd’hui dans l’accompagnement des personnes handicapées et de leurs familles. »

Comment peut-on les aider, ces élèves en situation de handicap ?

Il y a plusieurs cas de figure. Je vais essayer de tous les traiter, dans l’ordre du plus simple au plus complexe (de mon point de vue de prof).

L’élève fait partie du dispositif ULIS de l’établissement

Alors là il « suffit » de suivre les recommandations du/de la coordo du dispositif ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire : c’est une « classe » spéciale qui réunit les élèves en situation de handicap qui sont alors accompagnés par un PE sur certaines heures de cours pour un accompagnement sur les points qu’ils n’auraient pas vu ou pas compris du fait de leur handicap)

Il n’y a pas de dispositif ULIS mais l’élève est accompagné par un adulte en classe

Alors, pour commencer cet adulte est soit un.e Assistant.e de Vie Scolaire, soit un.e Accompagnateur.rice d’Élève en Situation de Handicap. La différence ? L’AVS est plus précaire que l’AESH, si je ne me trompe pas (mais malheureusement, le statut d’AESH reste très précaire, de même que celui d’ASSED, surtout lorsque l’on considère l’importance de ces métiers). Souvent cet adulte est de bon conseil sur ce qui peut aider l’élève (pas parce qu’il a été formé par l’EN hein, les formations c’est pour les titulaires ! Mais plutôt parce qu’il suit l’élève dans plusieurs cours depuis quelques temps), mais tu peux aussi discuter avec l’élève, ses parents, les collègues. Après quelques temps tu te seras sans doute constitué une petite banque de « méthodes pour aider les élèves en situation de handicap », qui s’accordera très bien avec ta banque d’ »exercices originaux » et ta banque d’ « activités de découverte »

Tu as juste un PPS

Il s’agit du Projet Personnalisé de Scolarisation (souvent confondu avec le Projet d’Accompagnement Individualisé, qui contient les marches à suivre pour la prise d’un traitement ou en cas d’urgence, pour les élèves allergiques ou devant suivre un traitement régulier sur le temps scolaire). Le PPS est établi par la MDPH avec tous les conseils à suivre pour permettre au mieux la scolarisation de l’élève. Encore une fois le mieux est de suivre les recommandations, et de demander à l’élève, éventuellement ses parents, et aux collègues ce qui l’aide le mieux d’habitude.

L’élève n’est pas reconnu par la MDPH

Plusieurs cas possibles :

C’est l’élève ou ses parents qui t’ont parlé de son handicap

Dans ce cas, c’est soit le dossier MDPH qui traîne soit les parents qui cherchent à justifier des difficultés de leur enfant par un handicap. Comme je ne suis pas médecin, et que je ne peux donc pas déterminer si l’élève est effectivement en situation de handicap, j’applique quelques aides pour l‘élève, mais sans trop en faire pour ne pas le favoriser (par exemple je ne change pas mes évaluations, mais je peux lui proposer un cours à « trous » plutôt qu’une leçon à copier).

C’est toi qui soupçonnes une situation de handicap cause de grandes difficultés dans certains domaines

Encore une fois, on n’est pas médecins, mais à force de cotoyer des élèves en situation de handicap on peut soupçonner des difficultés particulières (je pense notamment aux TDA/H, ou aux trouble « dys »). Dans ce cas je demande à l’élève quelles difficultés il éprouve, et comment je peux l’aider dans l’immédiat. J’essaye d’en parler aux autres professeurs, pour voir s’ils ont constaté les mêmes difficultés, pour éventuellement rencontrer les parents et leur faire part de notre inquiétude. Il peut-être utile que l’élève rencontre l’infirmier.e ou le/la médecin scolaire avant d’essayer de monter un dossier MDPH.

Et en pratique, qu’est-ce que je peux faire?

Encore une fois je n’ai pas de solution miracle, mais voici une petite liste de ce que tu peux proposer :