Gaëllinacée - Aventures d'une jeune contractuelle de l'Éducation Nationale

Comment devient-on contractuel ?

Cela varie beaucoup de ton Académie et de ta matière. J'ai de la chance : j’enseigne dans une matière pour laquelle l’Éducation Nationale a beaucoup de mal à recruter , et dans une Académie où peu de profs ont envie d’enseigner, du coup j’ai été accueillie presque à bras ouverts et avec les tapis rouges.

Parlons un peu de mon parcours avant ma candidature.

En ce qui concerne les études : j’ai fait une prépa PC* (« physique et chimie », l’étoile est là pour dire qu’en deuxième année j’étais dans une classe avec les étudiants qui avaient les meilleures notes en première année) dans un « grand lycée parisien » du 6e arrondissement. Je suis une grande stressée, les concours ne se sont pas bien passés, je n’avais pas envie de devenir ingénieure (je voulais déjà être prof : j’espérais avoir une ENS, mais ça ne s’est pas passé comme prévu) et je ne voulais pas faire de troisième année, donc j’ai suivi le conseil de mes profs et je me suis inscrite en L3 à la fac. J’ai validé mon année et ai obtenu une « double licence » physique et maths. J’ai ensuite commencé mon M1, en étudiant à distance (je recevais les cours et les exercices par internet et n’allais à la fac que pour les examens), parce que c’est l’année où j’ai commencé à travailler pour financer mes études. Ça ne s’est pas très bien passé et j’ai redoublé. L’année suivante j’ai trouvé un poste de surveillante (on dit Assistante d’Éducation maintenant…), et j’ai recommencé mon M1, que j’ai à nouveau raté. C’est à la fin de cette année scolaire (2015/2016) que j’ai candidaté sur internet pour être contractuelle.

Le recrutement.

Comme tu l’a compris 3 lignes plus haut, j’ai postulé en ligne, sur un site qui s’appelle Acloé (il y en a un pour l’Académie de Créteil et un pour Paris, renseigne-toi : ça existe peut-être aussi dans ton Académie). J’y ai rempli des cases, style « CV en ligne », j’ai joint un CV et une lettre de motivation, et j’ai précisé mes préférences sur le type de poste qu’on peut me proposer : matière, collège ou lycée, quelle zone géographique, combien d’heures je voulais enseigner… Peu de temps après avoir envoyé tout ça j’ai reçu un appel d’un inspecteur (celui qui se charge du recrutement des contractuels en maths pour l’Académie de Créteil, je vous le recommande il est vraiment très très sympa). Il m’a posé quelques questions rapides sur mon parcours et ma motivation et m’a proposé un entretien assez rapidement, en m’expliquant qu’il faudrait passer un petit test de maths. L’entretien a commencé par le test (constitué d’une vingtaine de questions, du niveau 6e au niveau term S), qu’il m’a laissée faire tranquillement dans une salle à part. Quand j’ai fini, il est venu me rejoindre pour corriger le test et procéder à l’entretien. Étant de nature stressée, et particulièrement affectée ce jour là (j’étais quand même potentiellement sur le point de réussir mon rêve de gamine), j’ai réussi l’exploit de me planter lamentablement à la première question du test, niveau cinquième s’il vous plaît, et que j’avais passé l’année à expliquer aux élèves du collège où je travaillais comme ASSED. Mais j’avais parlé de mon anxiété à l’inspecteur, et il est passé très vite sur mon erreur, en faisant juste un petit commentaire pour me mettre à l’aise et me rassurer. Le test n’est vraiment pas difficile, et je n’ai fait que cette erreur là, si on exclut les questions auxquelles j’ai répondu en utilisant des outils qui ne sont abordés que dans le supérieur (la consigne du début du test étant de répondre de façon à ce qu’un élève du secondaire puisse comprendre le raisonnement). Il m’a laissé « rectifier » mes réponses pour qu’elles correspondent aux programmes du collège et du lycée, en me guidant parfois. Une fois le test corrigé, il a commencé à me poser des questions sur mon parcours, mes projets professionnels, les raisons qui me poussaient à enseigner comme contractuelle, et grosso-modo tous les thèmes classiques d’un entretien d’embauche. Je n’ai pourtant pas du tout ressenti cet entretien comme j’ai pu vivre d’autres entretiens d’embauche : il était très à l’écoute, répondait à mes questions et mes inquiétudes et était globalement très humain. Je ne me suis pas du tout sentie jugée, même quand j’ai parlé de mes crises d’angoisse en examen. Il m’a demandé si ça ne m’inquiétait pas d’être face à 30 adolescents pas forcément coopératifs, mais sans avoir l’air de douter de ma capacité à gérer. Il m’a ensuite expliqué comment se déroulerait mon affectation, quel serait mon salaire et à quelles primes je pouvais m’attendre (si un jour je comprends ma fiche de paie, je vous tiendrai au courant…) et d’autres points techniques dont je ne me souviens pas bien…

Ma première affectation.

Bon, le seul point sur lequel l’inspecteur m’a menti, c’est quand il m’a dit que je recevrais un appel avant la fin du mois d’août pour me proposer une affectation. Laisse moi te dire que les jours entre le 25 août et le 9 septembre ont été LES. PLUS. LONG. DE. MA. VIE !! Et finalement, forcément, c’est quand j’ai décidé de sortir de chez moi et de profiter de mes « vacances prolongées » que j’ai reçu le précieux appel (longue vie aux téléphones portables !). Rien de bien extravagant lors de cet appel : la personne au bout du fil m’a proposé 3 postes proches de chez moi, il s’agissait de 3 remplacements à temps partiel (ce que j’avais demandé), j’ai choisi celui qui était prévu pour durer le plus longtemps (j’avais pas très envie de faire la « rentrée » quelque part et de partir un mois plus tard, va comprendre). On m’a donné le numéro du collège pour les contacter, et le nom de la personne que j’allais remplacer. J’ai téléphoné au collège et je m’y suis rendue dès le lundi suivant pour rencontrer la principale et prendre mes marques avant de commencer le mercredi (j’ai pris un peu de temps pour assister aux cours d’autres profs pour voir comment ça se passait avant de me lancer). Globalement mes débuts dans ce collège se sont passés sans accroc, et j’ai réussi à m’installer assez rapidement dans mes nouvelles habitudes, dont je te parlerai bientôt dans un autre article.